Réserves de change : la CEMAC respire… à crédit ?
Après une année 2025 difficile, les réserves de change de la zone remontent. Mais cette embellie repose en grande partie sur l'argent emprunté par les États à l'étranger. Décryptage d'un indicateur clé pour la stabilité du franc CFA.

À quoi servent les réserves de change ?
Les réserves de change sont les avoirs en devises, en or et en droits de tirage spéciaux (DTS) détenus par la BEAC. Elles permettent de payer les importations de la zone et garantissent la stabilité du franc CFA face à l'euro. On les mesure souvent en « mois d'importations » : combien de temps la zone pourrait continuer à importer avec ce stock.
Des montagnes russes en 2026
À fin février 2026, les réserves étaient tombées à 6 769 milliards de FCFA, en baisse de 10,1 % sur un an. En cause : la hausse des importations et le poids du remboursement de la dette extérieure. Cette inquiétude avait conduit les chefs d'État à se réunir en sommet extraordinaire à Brazzaville dès janvier.
La tendance s'est ensuite inversée. Fin août 2026, les réserves atteignaient 7 125 milliards de FCFA, soit 4,7 % de plus qu'un an plus tôt. La BEAC projette une couverture d'environ 4,5 mois d'importations en fin d'année.
Une remontée qui pose question
Cette amélioration s'explique surtout par deux facteurs : les emprunts extérieurs des États et la bonne tenue des prix des hydrocarbures. Autrement dit, une partie des devises qui renforcent les réserves devra être remboursée plus tard.
Par ailleurs, 4,5 mois d'importations restent en dessous du seuil de 5 mois généralement considéré comme confortable. La zone reste donc exposée à un retournement des prix du pétrole ou à un durcissement des conditions de financement internationales.
Les leviers pour consolider
La BEAC et les États misent sur plusieurs leviers : le rapatriement effectif des recettes d'exportation, notamment pétrolières et minières, la discipline budgétaire dans le cadre des programmes avec le FMI, et la diversification des réserves grâce à l'or produit dans la région. La solidité réelle des réserves dépendra de la capacité à produire des devises par l'exportation plutôt que par l'endettement.
Les chiffres à retenir
- Réserves fin février 2026 : 6 769 milliards FCFA (-10,1 % sur un an)
- Réserves fin août 2026 : 7 125 milliards FCFA (+4,7 % sur un an)
- Couverture projetée : environ 4,5 mois d'importations (seuil de confort : 5 mois)
- Publié le :
- mercredi 28 octobre 2026





