Souradj Koulamallah : « Entre Tunis et N’Djamena, c’est une longue amitié »
Le président de la Chambre de commerce tchadienne revient sur les temps forts du forum économique Tchad-Tunisie des 23 et 24 juin 2014.

Depuis le début de cette année 2014, le Tchad est devenu une poule aux œufs d’or, si l’on s’en tient aux nombreuses visites d’affaires : des Européens, des Asiatiques, des Américains et aujourd’hui les Africains. Logone Inside revisite avec Monsieur Souradj Koulamallah les temps forts de ce forum économique qui s’est déroulé au Tchad du 23 au 24 juin 2014.
Monsieur le président, peut-on mettre au crédit de cet engouement pour le Tchad le bilan positif de sa politique et de sa stabilité ?
Évidemment, je vous répondrai sans détour par l’affirmative, car c’est la réussite politique d’un homme, j’ai nommé Son Excellence le président Idriss Deby Itno, et partant de son équipe, qui a permis à notre pays de retrouver sa place dans le concert des grandes nations. Ceci nous a donné une visibilité incontestablement crédible aux yeux de tous les investisseurs. J’en veux pour preuve ses différents engagements personnels sur le plan national et international pour la promotion de la paix. Comme vous le savez, sans la paix, rien n’est possible.
On a remarqué pendant cette visite la présence d’une forte délégation d’hommes d’affaires tunisiens de haut niveau. Quelle est votre lecture ?
Vous devez savoir qu’actuellement, la conquête de nouveaux marchés vient redéfinir les stratégies de positionnement dans le monde des affaires. En effet, les pays du Maghreb, qui par le passé étaient un peu réticents vis-à-vis de l’Afrique, reviennent aujourd’hui sur cette fausse idée en recherchant de nouveaux marchés africains porteurs. Ce qui est à mon avis une très bonne chose… Pour cette raison, le Tchad, pays à fort potentiel d’investissement de par son taux de croissance et sa stabilité politique, peut faire valoir ses arguments.
Quel bilan faites-vous de cette mission économique tunisienne au Tchad ?
Satisfaisant… Je vous l’explique. D’abord le niveau de parrainage : le plus haut patronage des deux chefs d’État, S.E. Idriss Deby Itno pour la partie tchadienne et S.E. Mohamed Moncef Marzouki pour la partie tunisienne. Ensuite, la matérialisation concrète de la volonté des deux pays de faire des affaires ensemble, à travers les huit accords de partenariat signés, dont j’étais moi-même l’un des signataires. Enfin, la qualité des délégations des deux pays témoignait du sérieux ; vous-même en étiez témoin.
Nous avons constaté la signature de deux accords de partenariat entre le président de la Chambre de commerce, d’industrie, d’agriculture, des mines et d’artisanat du Tchad et le président de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat. Peut-on en connaître le contenu ?
Vous devez savoir que rien de sérieux ne se fait sans cadre réglementaire, d’où l’intérêt porté à ces accords signés entre la CCIAMA et l’UTICA. Cet accord porte surtout sur la promotion de la coopération Tchad-Tunisie et sur la complémentarité économique des deux pays dans tous les secteurs, à travers la création d’un conseil d’affaires tuniso-tchadien dont les membres seront désignés, avec le cadre juridique y afférent.
Peut-on croire à un cadre juridique sans représentation diplomatique entre le Tchad et la Tunisie ?
Il y a un consulat honoraire tunisien au Tchad ; la réussite de cette visite d’affaires est aussi due à ce consulat, auquel j’adresse mes remerciements. Cela dit, vous avez vous-même vu la présence effective des deux ministres des Affaires étrangères et leur signature d’accords pendant ce forum. Cela ne devrait pas tarder. Je puis vous rassurer : entre Tunis et N’Djamena, c’est une longue amitié.
Propos recueillis par Moïse Aignan
- Auteur :
- Moïse Aignan N.
- Publié le :
- mardi 1 juillet 2014





