Accords de partenariat économique : et maintenant ?
Depuis le 1er octobre 2014, date butoir, les pays non-PMA qui n’ont pas ratifié les APE perdent leur libre accès au marché européen. La course à la survie est lancée.

Depuis plus de dix ans, les pays africains étaient soumis à une pression de la part de l’Union européenne (UE) pour qu’ils signent des Accords de partenariat économique (APE) qui garantissent à terme des tarifs douaniers préférentiels pour les exportations européennes en direction de l’Afrique. Ils y avaient résisté jusqu’ici. Mais depuis le 1er octobre 2014, date butoir, les pays non-PMA (pays les moins avancés) devront faire face à un retrait du libre accès au marché européen s’ils n’ont pas ratifié ces accords.
La mort dans l’âme, certains s’y sont résolus, avec pour devoir immédiat la dynamisation nécessaire de leur tissu de production industrielle, pour espérer compenser, via leurs exportations sur le marché européen, le déséquilibre d’une balance commerciale promise à être très déficitaire vis-à-vis des importations en provenance de l’Europe. D’autres, par contre, y ont résisté, plus motivés par le refus de faire l’impasse sur des recettes indispensables.
Censés stimuler le développement des pays africains, ces accords cachent mal la menace qui pointe à l’horizon pour leurs économies : celle de les voir s’ouvrir à la pénétration des produits européens sans une réciprocité d’égale mesure. Qu’elles soient d’ordre individuel en zone CEMAC (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale) ou collectif comme dans l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine), les stratégies adoptées par les pays africains dans le cadre des négociations des APE n’éludent cependant pas un autre enjeu : leurs tissus de production doivent être capables, à leur tour, de pénétrer un marché européen très exigeant.
Entre ceux qui continuent de dénoncer l’entrée en application de ces accords et ceux, plus optimistes, qui estiment que la production industrielle africaine a des parts de marché à gagner en Europe, la course à la survie est lancée en Afrique. Ce d’autant plus que, jusqu’ici, les chiffres du volume des échanges commerciaux entre les deux continents dévoilent un déséquilibre qui risque de perdurer si rien n’est fait.
- Auteur :
- Laure Wakam Lewe
- Publié le :
- mercredi 1 octobre 2014





